Chelsea vs Barcelone : comment les Blues ont maîtrisé le Barça

Le 25 novembre 2025, Chelsea a infligé une défaite retentissante au FC Barcelone en phase de ligue de la Ligue des champions, s’imposant 3-0 à Stamford Bridge. Cette victoire spectaculaire, obtenue face à l’une des équipes les plus redoutables d’Europe, a permis aux Blues de se relancer dans la course à la qualification directe pour les huitièmes de finale et de démontrer toute l’étendue de leur potentiel sous la direction d’Enzo Maresca.

Le contexte : un match crucial en Champions League

Une phase de ligue décisive

Cette rencontre constituait la cinquième journée de la phase de ligue de la Ligue des champions UEFA 2025-26, une nouvelle formulation de la compétition où chaque match compte pour le classement général. Avant ce choc, Chelsea occupait une position délicate avec 7 points, tandis que Barcelone comptait 10 points et aspirait à une qualification directe dans le top 8.

Pour Chelsea, cette victoire était impérative après un début de campagne européenne mitigé. Les Blues avaient besoin de battre un grand d’Europe pour relancer leurs ambitions et prouver qu’ils pouvaient rivaliser avec les meilleurs. Pour Barcelone, dirigé par Hansi Flick, l’objectif était de consolider sa position et de maintenir sa série impressionnante de 24 matches consécutifs avec au moins un but marqué en Ligue des champions, une séquence qui s’étendait sur deux ans.

Les compositions d’équipe

Enzo Maresca a pris des décisions tactiques audacieuses pour cette rencontre. La plus surprenante fut le choix de Pedro Neto comme attaquant central, alors que des options plus naturelles comme João Pedro et Liam Delap étaient disponibles. Cette décision visait à exploiter la ligne défensive haute de Barcelone par la vitesse et le mouvement.

Sur le flanc droit, Maresca a déployé un trio inhabituel : Estêvão comme ailier droit, Malo Gusto à l’arrière droit et Reece James dans un rôle de milieu de terrain. Cette configuration allait s’avérer déterminante dans la domination de Chelsea.

Du côté de Barcelone, Hansi Flick alignait une équipe offensive avec Lamine Yamal, la jeune sensation espagnole de 18 ans, face à Estêvão, son homologue brésilien également âgé de 18 ans. Ce duel entre deux des plus grands talents de la nouvelle génération constituait l’un des sous-intrigues fascinantes du match.

Le déroulement du match : domination totale

Première mi-temps : ouverture du score et carton rouge décisif

Le match débute à un rythme effréné. Dès la 4e minute, Chelsea pense avoir ouvert le score lorsque Enzo Fernández inscrit un but, mais celui-ci est annulé pour une main de Wesley Fofana dans la construction. Quelques instants plus tard, c’est au tour de Barcelone de se créer une occasion en or : Ferran Torres se retrouve seul face à Robert Sánchez après une erreur de Fofana et Moisés Caicedo, mais il envoie sa frappe à côté.

Chelsea continue de presser haut et d’exploiter les faiblesses défensives de Barcelone. À la 27e minute, les Blues obtiennent enfin leur récompense. Sur un corner court, Alejandro Garnacho trouve Marc Cucurella dont le centre est dévié par Jules Koundé dans son propre but. Le but est validé : Chelsea 1-0 Barcelone.

Le tournant décisif du match survient juste avant la mi-temps. À la 32e minuteRonald Araújo, capitaine de Barcelone, reçoit un premier carton jaune pour une contestation auprès de l’arbitre lors d’une décision controversée. Douze minutes plus tard, à la 44e minute, Araújo commet une faute brutale sur Marc Cucurella, provoquant immédiatement un second carton jaune.

Le défenseur uruguayen est expulsé juste avant la pause, laissant Barcelone à dix joueurs pour toute la seconde période. Cette erreur individuelle compromet définitivement les chances du Barça de revenir dans le match. Araújo, qui avait déjà commis des erreurs coûteuses lors de précédentes rencontres européennes (expulsion contre le PSG deux saisons auparavant, erreur défensive contre l’Inter Milan en demi-finale la saison passée), récidive dans un moment crucial.

Seconde mi-temps : le festival offensif

La seconde période débute avec Chelsea en position de force, affrontant un adversaire diminué numériquement. Barcelone tente de résister en remplaçant Ferran Torres par Marcus Rashford, mais la domination des Blues s’accentue.

À la 55e minute, le moment de grâce arrive. Estêvão Willian, le phénomène brésilien de 18 ans, signe un but solo absolument spectaculaire. Après avoir reçu le ballon de Reece James sur le flanc droit, Estêvão pénètre dans la surface barcelonaise avec une détermination féroce. Il élimine d’abord Pau Cubarsí par un crochet magistral rappelant les plus belles actions de Lionel Messi, puis résiste physiquement au retour d’Alejandro Balde avant de déclencher une frappe du droit enroulée dans la lucarne de Joan García.

Le ballon entre dans le but à une vitesse de 103 km/h (64 mph). Stamford Bridge explose de joie, et Estêvão célèbre en pointant l’écusson de Chelsea devant les supporters. Chelsea 2-0 Barcelone.

Le coup de grâce survient à la 73e minute. Enzo Fernández, altruiste, sert Liam Delap qui inscrit son premier but en Ligue des champions. Après un long examen de la VAR pour vérifier une éventuelle position de hors-jeu, le but est validé, permettant à Delap de célébrer deux fois. Chelsea 3-0 Barcelone.

Chelsea contrôle la fin de match sans trembler, infligeant à Barcelone sa première défaite sans marquer en Ligue des champions depuis deux ans. C’est également la première fois que Hansi Flick voit son équipe ne pas marquer dans cette compétition.

L’analyse tactique : la masterclass de Maresca

Le pressing coordonné et agressif

L’un des piliers de la victoire de Chelsea fut son pressing haut extrêmement coordonné et agressif. Dès le début du match, Maresca a instruit ses joueurs d’adopter un marquage homme contre homme sur les défenseurs barcelonais, visant à perturber leur construction depuis l’arrière.

Pedro Neto, en tant qu’attaquant central, dirigeait le pressing en orientant le jeu vers le flanc droit de Chelsea. Estêvão marquait Pau Cubarsí, Malo Gusto pressait Alejandro Balde, et Wesley Fofana se décalait pour couvrir Ferran Torres. Au milieu de terrain, le trio composé d’Enzo Fernández, Moisés Caicedo et Reece James apportait impact physique et agressivité, suivant chaque mouvement adverse et imposant une présence intimidante.

Ce pressing coordonné a empêché Barcelone de développer son jeu habituel. Les Catalans n’ont réussi à produire que 5 tirs durant tout le match, pour un total de seulement 0,79 expected goals (xG), un chiffre extrêmement faible pour une équipe de ce calibre.

Exploitation de la ligne défensive haute de Barcelone

Maresca avait parfaitement identifié la vulnérabilité principale de Barcelone : sa ligne défensive haute. Le choix de Pedro Neto comme faux neuf mobile visait précisément à exploiter les espaces laissés dans le dos de la défense catalane.

Enzo Fernández jouait un rôle crucial dans cette stratégie, descendant régulièrement pour récupérer le ballon avant de lancer des passes rapides dans la profondeur. Ces passes dans le dos de la défense créaient des situations dangereuses et forçaient les défenseurs barcelonais à reculer, perturbant leur organisation habituelle.

Chelsea a également exploité le système des trois courses simultanées pour déstabiliser Barcelone. Lorsque le ballon était récupéré, trois joueurs offensifs déclenchaient immédiatement des courses dans différentes zones, créant un surnombre et des décisions difficiles pour les défenseurs adverses. Cette tactique a forcé Ronald Araújo à défendre bien plus large que d’habitude, le conduisant finalement à commettre les fautes qui ont provoqué son expulsion.

Le jeu par les ailes et les combinaisons au troisième homme

En phase de construction, Chelsea a privilégié un jeu large avant de chercher des combinaisons centrales. Maresca a utilisé ses arrières latéraux de manière asymétrique : tandis que Malo Gusto inversait son positionnement pour se placer au milieu de terrain, créant une supériorité numérique centrale, Marc Cucurella restait plus large sur le flanc gauche.

Cette flexibilité positionnelle permettait à Chelsea de créer des espaces pour les passes au troisième homme, une caractéristique centrale du style de Maresca. L’objectif était de déplacer d’abord le ballon sur un côté pour attirer le bloc adverse, puis d’exploiter les espaces créés au centre ou sur le flanc opposé.

Le but d’ouverture illustre parfaitement cette approche : un corner court suivi d’un triangle rapide entre Garnacho, Estêvão et Cucurella, aboutissant au centre dévié par Koundé. Cette séquence met en évidence la capacité de Chelsea à créer des surcharges offensives dans les zones clés.

Le duel Estêvão vs Lamine Yamal

L’un des aspects les plus fascinants du match fut le duel entre les deux prodiges de 18 ans : Estêvão et Lamine Yamal. Maresca avait clairement ciblé le flanc gauche de Barcelone comme point faible, et Estêvão a été le principal bénéficiaire de cette stratégie.

Le Brésilien a remporté haut la main ce duel. Il a réalisé trois passes clés, réussi 2 dribbles sur 5 tentatives, et surtout inscrit un but magistral. Marc Cucurella, élu homme du match, a souligné avec humour qu’Estêvão avait « enfin marqué du droit », ajoutant : « À l’entraînement, il rate souvent avec ce pied, mais aujourd’hui, au moment crucial, il a trouvé le chemin des filets ».

Estêvão lui-même a décrit cette soirée comme « le moment le plus spécial de ma carrière ». Il a confié : « Je ne peux pas exprimer ce que je ressens. Tout s’est passé si vite. J’ai vu de l’espace et j’ai réussi à me faufiler. J’espère continuer à marquer pendant de nombreuses années ».

En revanche, Lamine Yamal a été neutralisé par la défense solide de Chelsea et le pressing constant. Le jeune Espagnol n’a jamais vraiment trouvé son rythme, illustrant la supériorité tactique de Maresca cette soirée-là.

L’effondrement du milieu de terrain barcelonais

L’un des facteurs décisifs de la défaite de Barcelone fut l’effondrement complet de son milieu de terrain. Dès le début du match, les Catalans ont eu du mal à s’affirmer au centre du jeu, mais l’expulsion d’Araújo a transformé cette difficulté en catastrophe.

Le trio d’Enzo Fernández, Moisés Caicedo et Reece James a dominé physiquement et techniquement le milieu barcelonais. Fernández, en particulier, a eu un impact double par rapport à Fermin López, le milieu de Barcelone censé jouer un rôle similaire. Ses courses dans le dos de la défense et sa capacité à dicter le tempo ont été décisives.

Cette domination au milieu de terrain a permis à Chelsea de contrôler le flux du jeu, d’empêcher Barcelone de construire proprement, et de lancer des attaques rapides et dévastatrices.

Les conséquences : Chelsea en confiance, Barcelone en crise

Chelsea retrouve son niveau européen

Cette victoire a propulsé Chelsea à la 10e place du classement avec 10 points, les plaçant en bonne position pour atteindre le top 8 et obtenir une qualification directe pour les huitièmes de finale. Plus important encore, ce succès a offert à l’équipe une injection de confiance massive avant un déplacement crucial à Arsenal le week-end suivant.

Enzo Maresca a salué la performance de ses joueurs, déclarant : « C’est une grande victoire, surtout parce que nous avons affronté le Barça. Rien ne change en termes d’équipe et de ce que nous pouvons accomplir ». Marc Cucurella, élu homme du match, a ajouté qu’Estêvão était « un talent spécial » et que l’équipe devait continuer à le soutenir.

Pour Estêvão, cette soirée marque un tournant dans sa jeune carrière. Arrivé de Palmeiras pour 52 millions de livres sterling durant l’été, le Brésilien a enfin montré l’étendue de son talent sur la plus grande scène européenne. Sa performance face à Barcelone confirme que Chelsea possède un joyau exceptionnel pour l’avenir.

Barcelone en difficulté

Pour Barcelone, cette défaite représente un revers majeur. Les Catalans n’ont récolté que 10 points en cinq matches, avec deux défaites et un nul. Ils occupent désormais la 15e place, et leur qualification directe pour les huitièmes de finale est sérieusement compromise.

La performance collective fut décevante, marquée par l’absence totale de contrôle au milieu de terrain, des erreurs défensives répétées et surtout l’expulsion stupide d’Araújo. Hansi Flick a vu pour la première fois depuis son arrivée son équipe ne pas marquer en Ligue des champions, un constat alarmant.

Le calendrier à venir offre théoriquement neuf points accessibles (Eintracht Francfort, Slavia Prague, FC Copenhague), mais rien n’est garanti compte tenu de la forme actuelle. Des questions émergent quant à savoir si Flick va ajuster sa stratégie à haut risque et renforcer sa défense, ou s’il persistera avec sa philosophie offensive malgré les fragilités défensives révélées.


Cette victoire 3-0 de Chelsea sur Barcelone restera comme l’un des moments forts de la saison européenne 2025-26. La masterclass tactique d’Enzo Maresca, le but spectaculaire d’Estêvão et la domination collective des Blues ont démontré que Chelsea possède les armes pour rivaliser avec les plus grands clubs européens. Pour Barcelone, cette défaite douloureuse sert d’avertissement : sans ajustements rapides, la qualification pour les phases finales pourrait leur échapper.

Retour en haut